Lorsqu’un logement est loué, la gestion des travaux peut devenir un sujet délicat. Dans ce contexte, le locataire dispose de droits spécifiques qui lui permettent de vivre dans un logement décent tout en participant, dans certaines conditions, à l’entretien ou à l’amélioration du bien. Cet article détaille les droits du locataire en matière de travaux dans un logement loué au regard de la réglementation en vigueur en 2025.
Le droit à un logement décent et sécurisé
Avant tout, le locataire a le droit de bénéficier d’un logement décent et en bon état. Le propriétaire est donc tenu de remettre un logement conforme aux critères de décence, qui comprennent :
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Une surface minimale adaptée,
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Des équipements en bon état de fonctionnement (chauffage, eau, électricité),
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L’absence de risques pour la santé et la sécurité,
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Un niveau de performance énergétique acceptable,
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L’absence de nuisibles ou parasites.
Si le logement présente des défauts compromettant sa décence, le locataire peut obliger le propriétaire à réaliser les travaux nécessaires avant ou pendant la location.
Les petites réparations et travaux à la charge du locataire

En matière d’entretien courant, le locataire doit assurer les petites réparations locatives définies légalement. Ces travaux concernent l’usure normale liée à la vie quotidienne, par exemple :
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Le remplacement d’ampoules, fusibles, joints de robinet,
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Le graissage des serrures, la réparation de poignées,
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L’entretien des revêtements (sols, tapisseries) sans détérioration,
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Le remplacement des filtres de chaudière et des joints de plomberie.
Ces réparations sont imputables au locataire car elles correspondent à sa jouissance normale du logement. En revanche, le locataire ne peut pas refuser les travaux indispensables à la sécurité ou à la décence du logement, même s’ils dépassent ces petites réparations. Pour en savoir plus, suivez ce lien.
La réalisation de travaux lourds : quelle procédure ?
Les travaux importants, comme la rénovation du système électrique, la réfection de la toiture, l’isolation ou la remise à niveau des équipements, sont à la charge du propriétaire. Ces travaux ne peuvent être imposés au locataire sans son accord préalable, sauf si une décision de justice ou une clause spécifique le prévoit.
Le propriétaire doit informer le locataire suffisamment à l’avance de la nature, de la durée et de la date prévue des travaux. En cas de travaux rendant le logement temporairement inhabitable, le locataire a alors droit :
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À une réduction partielle ou totale du loyer pendant la période,
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Au relogement temporaire aux frais du propriétaire, selon la durée et la gravité des travaux.
En 2025, la loi renforce la protection du locataire en cas de travaux importants en imposant une obligation au bailleur d’intégrer des améliorations énergétiques dans les rénovations lourdes.
Les droits du locataire pour réaliser ses propres travaux
Le locataire a la possibilité d’entreprendre lui-même certains travaux d’amélioration dans le logement, comme la pose de tringles à rideaux, la peinture, ou des aménagements non définitifs. Ces travaux doivent respecter la destination du bien et ne pas en modifier la structure.
Pour les travaux plus lourds, il est nécessaire d’obtenir l’accord écrit du propriétaire. Le locataire peut parfois négocier une réduction du loyer en contrepartie des travaux réalisés, à condition de présenter des factures précises. Depuis 2025, le bail à rénovation permet même au locataire d’effectuer certains travaux en accord avec le propriétaire, moyennant une baisse de loyer ou un avenant au bail.
Obligation de maintenir la tranquillité et la jouissance paisible
Le locataire a aussi le droit au calme et à la jouissance paisible du logement. Les travaux, même nécessaires, ne doivent pas porter une nuisance excessive sans compensation. En cas de perturbations importantes, le locataire peut demander une indemnisation ou une réduction de loyer.
Par ailleurs, lors de travaux, le locataire doit faciliter l’accès au logement pour permettre leur réalisation, sans entraver les droits du propriétaire.
Un équilibre entre droits et obligations
Les droits du locataire en matière de travaux dans un logement loué sont nombreux et visent à garantir un habitat décent et confortable tout en respectant ses responsabilités. Le locataire doit assumer les petites réparations relevant de l’entretien courant, tandis que le propriétaire est responsable des travaux lourds et de mise en conformité.
La communication entre locataire et bailleur est essentielle pour gérer les travaux dans de bonnes conditions, avec un respect mutuel des droits. La réglementation récente de 2025 renforce ces dispositions, notamment pour la rénovation énergétique, offrant au locataire plus de leviers pour participer à l’amélioration du logement tout en protégeant son droit à la tranquillité.
Pour toute situation particulière, un accompagnement juridique ou professionnel est conseillé pour faire valoir ses droits dans le cadre légal actuel.